incontinence analeL’incontinence anale touche en France, 2 à 3% de la population soit environ 2 millions de personnes. Elle se traduit par une incapacité à retenir les gaz et les selles liquides et solides.

L’incontinence anale peut être la conséquence de troubles du transit ou de maladies de l’appareil digestif, ou encore apparaître à la suite d’interventions chirurgicales.

Dans les cas d’incontinence anale sévère non résolus par les médicaments et la rééducation, le traitement de référence actuel est la neuro-modulation des racines sacrées. Cette technique fait l'objet en France d'un remboursement par l’Assurance maladie depuis janvier 2011. La neuro-modulation sacrée consiste en la stimulation, par des impulsions électriques de faible intensité, des nerfs sacrés situés juste au-dessus du coccyx. Ces nerfs sacrés assurent le contrôle des systèmes urinaire et fécal. Cependant, pour un certain nombre de patients, ce traitement échoue. Dans cette population qui pourrait représenter près de la moitié des patients pris en charge en intention de traiter par la neuro-modulation, il existe à l’heure actuelle, une impasse thérapeutique. Anneau magnetique contre incontinence anale dans une mainDes techniques de remplacement sphinctérien sont dans ce cas, une option pour laquelle de nombreuses recherches sont menées depuis une vingtaine d'années. Une nouvelle méthode moins agressive et plus facilement reproductible est maintenant accessible. Il s’agit d’un sphincter anal magnétique Fenix™ (SAM – Lab. Torax Medical).

L’équipe de chirurgie digestive du Pr Paul-Antoine Lehur du CHU de Nantes a mis en place, avec l’aide de la cellule innovation, un protocole médico-économique, nommé MOS STIC, financé par le ministère de la Santé, comparant ce nouveau dispositif à la neuro-modulation. Le dispositif Fenix™ est un petit collier de billes magnétiques implanté au-dessus de l’anus, pour aider le sphincter anal défaillant. Le but est de créer autour du canal, un espace dans lequel un anneau magnétique va être positionné, jouant le rôle d’un renforcement de l’appareil sphinctérien.

FENIX continence systemAprès l’intervention, le transit du patient peut reprendre le plus vite possible dans les 24 ou 48 heures pour que la cicatrisation se fasse en mouvement avec des tissus bien souples autour des petites billes.

En France, ce dispositif n’est pas encore pris en charge par la Sécurité sociale. C’est dans ce contexte, que le Pr Lehur et son équipe, ont mis en place le protocole MOS STIC. Les résultats de cette étude permettront éventuellement le remboursement du dispositif Fenix™ par la Sécurité Sociale et ainsi de pouvoir généraliser son utilisation dans tous les centres experts.

Les inclusions dans cette étude ont débuté en novembre 2013 et sont possibles jusqu’en mai 2015. 156 patients doivent être inclus. 5 à 6 visites de suivi sont prévues par patient sur une durée d’un an. Plusieurs centres hospitaliers en France participent à cette étude aux côtés de l’équipe nantaise : APHP St Antoine Paris, CHU Bordeaux, CHU Grenoble, CHU Lille, CHU Lyon, CHU Nancy, CHU Rennes, CHU Rouen, CHU Toulouse, groupe hospitalier Diaconnesse-La Croix St Simon Paris.

► Pour en savoir plus, visualisez le reportage de France 5 (magazine de la santé - allo docteurs) cliquant ici. Attention, images de chirurgie. publié le 10 mars 2014 par le Pr Éric Mirallié, chef du service de chirurgie digestive et endocrinienne